Amélie : “C’est un lymphome, bonne journée !”

« C’est un lymphome, bonne journée ! » Cette phrase, Amélie la reçoit en pleine tête, derrière la porte d’une salle d’attente de l’hôpital, un jour de mai 2012. « Il n’y a pas le mot cancer dans lymphome, c’est pour ça que je suis sortie avec le sourire ».

Amélie a alors 22 ans, elle est étudiante en master d’enseignement à Angers.

« Depuis 2010, j’avais des douleurs quand je buvais de l’alcool. Des douleurs dans le bras. J’ai consulté, mais les médecins me rient au nez. Pourtant, un jour, début 2012, après un verre de vin, mon bras devient inutilisable. Je pleurais de douleur ».

Amélie tousse, elle est traitée contre l’asthme. Puis un ganglion apparaît.

« Je fais examen sur examen, j’ai l’impression d’un fouillis monumental. Et là, derrière la porte de la salle d’attente un médecin m’annonce que c’est lymphome. A ce moment je suis soulagée que ce ne soit pas un cancer des poumons. Je ne prends pas conscience du tout. J’ai compris quand j’ai entendu le mot chimio ».

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Son traitement commence au début du mois de juin 2012. « Je suis très entourée. Mon compagnon est là à chaque chimio. Ma mère est présente ».

Amélie choisit comme défouloir un blog. Le bien nommé : « La lymphomane » ou « Quand Hodgkin m’est tombé sur la gueule » !

En février 2013, Amélie est en rémission : « je reprends tout de suite le travail. Prof de français suppléante. Je suis fatiguée mais contente. Par contre j’ai beaucoup de mal à accepter la rémission. Il n’y a plus toute l’attention autour de moi. On oublie le cancer et franchement ça m’embête ».

Un sentiment très particulier. Amélie consulte une psychologue qui l’aide à comprendre l’impact de sa maladie sur sa personnalité.

Ironie du sort, sept mois plus tard, Amélie sent « quelque chose en elle ». Un mois plus tard, elle découvre un ganglion sur son cou. « Par un coup de téléphone de dix minutes on m’annonce ma rechute ».

«Bizarrement, là je me sens bien, soulagée, contente d’être en rechute », explique la jeune femme.

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Les traitements qui attendent alors Amélie sont lourds. Une chimio plus forte et une auto greffe pour limiter au maximum le risque de rechute.

Le 10 aout 2014, on lui apprend sa rémission. Pour la deuxième fois en deux ans.

« La vie à ce moment-là a une saveur différente, donc j’en profite. J’apprécie le bonheur de faire une lessive », explique Amélie, le sourire aux lèvres.

Quelques jours après, son compagnon, qui a été près d’elle pendant ces deux années, la quitte. « On a appris à vivre dans la maladie et le combat. Et la facilité nous a semblé trop compliquée, finalement », soupire-t-elle.

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Quelques mois après, au moment de notre rencontre, la jeune femme est pleine d’espoir. « Ma vie aujourd’hui, je la vis différemment. Je fais les mêmes choses mais je les apprécie beaucoup plus ».

Même si elle est très réaliste sur son avenir, « je sais qu’avec les chimios je ne vivrai pas jusqu’à 80 ans. Je sais que la fin de ma vie ne va pas être évidente à cause des traitements, donc je profite de faire ma lessive ! C’est merveilleux ! », dit-elle dans un éclat de rire.