S’occuper d’un enfant malade : un boulot à temps plein

Elles ont beaucoup pleuré. « Tout s’effondre, se souvient Isabelle, on se dit ce n’est pas possible, qui c’est inimaginable ! Mais ensuite, il faut agir ».

Très vite, la maman de Sarah reprend le dessus. On vient de lui annoncer que sa fille de 12 ans est atteinte d’un lymphome. « Nous sommes vendredi, et les médecins nous annoncent qu’il faut commencer le traitement dès le lundi ». Même si à ce moment-là tout s’entrechoque dans sa tête : « pourquoi nous ? Pourquoi Sarah, si jeune ? ». Isabelle décide de ne plus se poser de questions : « c’est mon instinct qui me guide, il faut que je protège Sarah, que je l’accompagne. Je veux essayer de limiter ses douleurs, d’être près d’elle pour son moral », raconte Isabelle avec émotion.

Un travail 24h/24 commence pour Isabelle. Pendant les premières séances du traitement elle est aux côtés de Sarah jour et nuit.

« J’ai appelé notre médecin de famille, je lui ai expliqué ce qu’il se passait. Il m’a tout de suite proposé de m’arrêter pendant 15 jours : ‘on verra après’ m’a-t-il dit ». Finalement, le médecin d’Isabelle prolonge son arrêt maladie jusqu’à la fin des traitements de Sarah, fin mai 2011. « J’aurais pu monter un dossier mais j’étais trop prise dans le tourbillon, tout s’est fait dans l’urgence », dit-elle calmement.

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Un mois après le début des traitements, Sarah est transférée dans un hôpital plus proche du domicile familial. A ce moment-là, il n’est plus possible pour Isabelle de dormir sur place. L’établissement n’est pas équipé pour. « En même temps, il fallait que je me protège parce que je sentais bien que mes ressources s’épuisaient. En plus, j’étais déchirée parce que j’ai une autre petite fille, Kenza, et je ne pouvais pas m’en occuper. Elle était avec son papa heureusement. »

Isabelle arrive à l’hôpital à 8h du matin et repart vers 22h. « J’avais besoin de sortir de ce milieu hospitalier qui était un milieu inconnu pour moi avant ça », raconte-t-elle. Cette maman qui tombait dans les pommes « à la vue d’une seringue » a tout surmonté pour accompagner sa fille au quotidien, la soulager, la câliner.

Isabelle a connu l’épuisement, les crises de larmes, mais aussi, et surtout, la solidarité. Notamment dans son voisinage : « il y a eu une quête pour nous aider financièrement, pour payer par exemple le soutien scolaire de Sarah, ou pour les déplacements que je faisais entre la maison et l’hôpital. Beaucoup de petits mots dans la boîte aux lettres aussi. C’était très important pour nous ».

« Finalement, aujourd’hui, quand j’y pense, je ne sais pas comment j’ai fait ! », s’exclame Isabelle. Mais elle l’a fait !

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