La chronique d’Athénaïs – D’une chambre à Cochin à la pelouse du Stade de France ! (Part 1)

Enfin mercredi ! De retour pour partager avec vous une toute nouvelle page de mon existence. Effectuons un nouveau bond dans le passé. Transplantée pour la première fois depuis une petite année, je suis touchée par une septicémie et nous me découvrons un diabète de type 1. Je passe de nouveau beaucoup de temps à L’hôpital Cochin. Le 18 mai 2002, à la veille de mon anniversaire – coïncidence formidable – je reçois un cadeau plus qu’inattendu…

Découvrez quelques détails de ma vie hospitalière. Comment me suis-je retrouvée à fouler la pelouse du mythique Stade de France ?!

Félix, mon premier foie, et moi vivons une idylle depuis quelques mois…

Nous sommes les heureux locataires d’une petite chambre vue sur cours à l’hôpital Cochin. Mes colocs, le personnel soignant, et moi avons liés de profondes affinités. J’ai encore le goût des petits-déj’ au Nutella au poste de soin, les réminiscences de nos séances de ciné improvisées, tous attroupés dans ma chambre. La tendresse d’un sourire lorsque je repense à nos déhanchés sur les rythmes fous de : Pink, Gorillaz et autres Weezer. J’ai toujours le souvenir de ma chambre recouverte des photos dédicacées et posters en tous genres. Aussi, encore aujourd’hui, le plaisir de lire les précieuses lettres habillées de mots de soutien, que je conserve comme un trésor. 

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Le coin est très sympa certes, mais j’ai comme une petite envie de déguerpir !

L’oscillation des mes émotions commence à devenir un tantinet horripilante et pour cause, entre les :
“Mon petit pingouin – surnom épique qui m’est attribuée par mon Hépato – on va pouvoir enlever ton drain !”
Et, 2 heures plus tard, gonflée comme une dinde :
“Euh… bon… bien on va devoir le reposer, c’est plus sérieux… ” – ou encore les nombreuses promesses de sorties infructueuses –

Je fulmine !

Il est temps d’établir un plan. Mes armes principales ? Avoir 12 ans et être suivie dans un hôpital d’adultes. Ma botte secrète ? Mon regard façon “chiot abandonné dans les bois par temps de pluie”. Ma cible ? Le grand, l’impressionnant, le fascinant professeur S. : Inébranlable chirurgien en chef de l’unité de transplantation hépatique, aucune défaite par attendrissement à son actif. – mais ça c’est sans compter sur Athé ! –

Stratégie mise en place je mets maman : la Robin de mon Batman, la Bonnie de mon Clyde, dans la confidence !

Jour J : mon scénario machiavélique et pourtant si parfaitement établit, bat de l’aile. Le professeur n’est toujours pas passé dans ma chambre. Le temps presse, même si je suis jaune, je suis pas un citron ! On choppe mon pied à perf’ et on traverse les couloirs direction l’accueil du service, où je suis sûre de trouver ma proie…

Veni, vidi, vici !

Vous auriez vu la tête du professeur S. en totale déconfiture devant ma mère et moi, regards suppliants et le menton tremblant, armées d’arguments irréfutables ! Je suis encore tellement reconnaissante envers ce grand chirurgien que j’aime tant. Depuis ce moment d’anthologie, j’ai le bonheur de passer plus de temps chez moi. Les journées sont plus douces et mes aller-retours hospitaliers moins fréquents. Un jour du mois de mai, mon Hépato – deuxième papa – le professeur C., appelle ma mère.

Souvenez-vous les résonances que peuvent avoir pour moi une sonnerie de téléphone à ce moment là.

Une journaliste est entrée en contact avec lui, elle voulait lui proposer quelque chose de surprenant…

Il est question d’un match, de foot et du Stade de France ! Moi qui suis plutôt branchée rugby, référence certaine à la coupe ovoïde de Félix ? Le plus pittoresque détail de cette histoire, c’est que les journalistes se sont trompés d’hôpital. Cette année, ils souhaitent désigner “un jeune transplanté” pour donner le coup d’envoi du match France/Belgique.

Manque de bol au lieu d’appeler Bicêtre ou Necker où sont hospitalisés les enfants, ils ont contactés Cochin où je suis une des rares fillette.

Lorsque je me replonge dans ces souvenirs, la première image qui me vient à l’esprit est celle d’une parcelle de fenêtre et d’un petit éclat de ciel bleu…

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Et oui, vous vous en doutiez ? Je vais encore vous faire patienter ! Découvrez la deuxième partie de ma chronique mercredi prochain. Je ne pouvais décemment pas omettre de détails voyez-vous ?! Non je ne vais pas vous faire languir à chaque lecture voyons…
Oserais-je seulement ? 

Belle semaine à tous et bon weekend, n’oubliez pas de prendre soin de vous et des autres !

Part 1/2

Olivers’ment vôtre
Athénaïs