Adeline : “Pour gai-rire, il faut sou-rire et s’ouv’rire à la vie…”

Ecrire, Vivre et Rire, trois verbes qui décrivent Adeline, diagnostiquée d’un cancer du sein à à peine 35 ans. Rencontre avec une jeune femme pleine de vie. 

  • Pouvez-vous vous présenter !

Allez petite présentation « originale » !

Prénom : Adeline

Âge : 35 ans … l’âge c’est dans la tête !

Taille : modèle réduit… à ce qui parait tout ce qui est petit est mignon ?

Poids : très très léger… les traitements ont le mérite de faire perdre du poids !

Signe astrologique : sagittaire (j’aurai du être cancer !)

Job : maman au foyer… et oui c’est un métier, surtout quand on est maman solo.

Défauts : cohabite avec un petit crabe ?

Qualités : déterminée pour exterminer le petit crabe

Couleur et fleur préférées : rose… restons dans le thème

Film préféré : « n’oublies jamais »… une belle romance avec un la maladie en sujet de fond.

Chanson du moment : la chanson qui m’inspire actuellement est « perfect » d’Ed Sheran et Andréa Bocceli (j’adore la partie en italien !)

Actrice / modèle féminin : Laetitia Millot… elle incarne pour moi la beauté naturelle, la force, le talent… elle est « belle » dans tous les sens du terme.

Acteur / modèle masculin : Patrick Swayze… pour les mêmes raisons que plus haut.

Animaux de compagnie : un poisson « combattant » de couleur bleue … il est de bonne compagnie, je en l’entends pas !

Passions, hobbies : marcher en pleine nature, prendre des bains « bouillants » parfumés à la lavande, écrire et écrire… avec Ed Sheeran en musique de fond.

Le plus beau moment de ma vie : la naissance il y a 2 ans et demi de ma « petite fleur »

Citation préférée : « ce que l’on pense, on le devient. Ce que l’on ressent, on l’attire. Ce que l’on imagine, on le crée ».

  • Comment avez-vous été diagnostiquée ?

Tout à fait par hasard ! non…rectification… le hasard n’existe pas ! C’était il y a deux ans. Cela faisait 3 mois que j’avais accouché de ma fille, je venais de me remettre au sport. En courant, j’étais obligée de me “soutenir” les seins car la douleur était atroce. Je trouvais cela anormal, d’autant plus que je n’avais plus de montée de lait depuis un moment. En me palpant, j’ai senti une drôle de boule, cela ne m’a pas inquiété, cette boule là je l’avais bien avant la grossesse…

J’ai tout de même décidé d’en parler à ma sage-femme lors d’une rééducation périnéale. Elle a tout de suite constaté l’énorme grosseur dans mon sein gauche, puis a insisté pour que j’aille faire une échographie mammaire. Elle a eu le bon réflexe, je ne l’en remercierais jamais assez. Quatre heures après, première écho, première mammographie : la tumeur mesurait 8.5 cm !!! elle avait la taille d’un pamplemousse !

Le diagnostic tombe en seulement 4 jours… j’ai un cancer du sein “galopant” (sein, os)… à priori je suis mal barrée… J’en ai pour 6 mois, maxi un an tout au plus…

Moi qui trouvais ma vie monotone et qui me trouvais banale… J’allais être servie.

  • Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Malgré une fatigue omniprésente, un corps mutilé, des cicatrices, je ne me suis jamais sentie aussi bien. Mon combat n’est pas encore terminé, j’ai encore des rayons à faire ainsi qu’une opération à subir : mastectomie bilatérale. Eh oui, ne changeons pas une équipe qui gagne ! J’ai choisi d’enlever les deux seins car j’ai le BRCA 2, le même gène qu’Angelina Jolie ! Bon contrairement à elle, je suis beaucoup moins sexy et je n’ai pas Brad Pitt dans ma vie, dommage !

  • Où avez-vous été soignée ?

Mes premières séances de chimio se sont déroulées à la Polyclinique de Franche Comté (Besançon). J’avoue que j’étais très chouchoutée. J’ai même reçu une lettre d’une ancienne patiente qui m’a avoué que j’étais la « mascotte »… J’ai eu la chance de tomber sur un personnel et un oncologue au top ! Au bout de 6 mois, j’ai connu une première rémission. Chouette me voilà tirée d’affaire ! À ce moment là, je ne savais pas encore que c’était génétique. Il n’y a donc pas eu l’ablation du sein, et un an après j’ai récidivé. Mais ne changeons pas une équipe qui gagne…reprenons les mêmes armes !

Une annexotomie bilatérale, de nouvelles séances de chimio… Vu que je repartais sur un nouveau protocole j’ai décidé de changer « de maison ».

Un nouveau « départ », un nouveau challenge, j’ai encore la chance de tomber sur une nouvelle équipe médicale tout aussi sympathique et proche de ses patients.

  • Qu’est-ce que la maladie a changé pour vous ?

Oula ! Tellement de choses ! Avant j’étais une jeune femme stressée, mal dans ma peau, qui ne croyais en rien, qui se sentais « nulle », … et oui je sais vendre du rêve !

Désormais, j’ai retrouvé confiance en moi, j’ai appris à m’aimer dans ma globalité. Forcément, quand on perd ses cheveux, ses cils, ses poils (ah non ça c’est cool), on croit devenir quelqu’un d’autre… erreur… on se « dé-couvre », on découvre qui on est réellement.

La première fois que je me suis vue « chauve » dans le miroir, j’ai été soulagée car je me suis dit que finalement je n’étais pas si mal. J’ai ainsi pu « tester » ma féminité autrement en portant des foulards, une fausse frange (la perruque m’allait pas, je ressemblais plus à un « playmobile »), en adoptant un nouveau style vestimentaire. Depuis, chose étonnante, je me sens plus « femme » qu’avant… Quand je regarde mes cicatrices, j’en suis fière. Elles ne me rappellent non pas la maladie, mais ma force.

Aussi, depuis qu’on m’a diagnostiqué ce cancer du sein, j’ai revu certaines valeurs. Je m’intéresse désormais à la spiritualité… Aussi, plusieurs personnes me disent que j’ai une bonne étoile au dessus de la tête… je les écoute mais au fond de moi j’en rigole… car je sais que ce n’est pas grâce à une étoile si j’en suis là… ou plutôt si… grâce à une étoile divine… à une lumière divine… que je nomme « Dio ».

  • Comment gérez-vous la maladie au quotidien ?

Je vis la maladie comme si j’étais anesthésiée… je ne me sens pas malade… d’ailleurs le suis-je ? Plus sérieusement, « On crée ce que l’on pense » donc je pense que je suis en bonne santé et heureuse. Je crée ainsi la vie qui est la mienne grâce à ma positive-attitude, mon humour, la spiritualité. Pour palier certains effets secondaires des traitements, je fais appel à la médecine parallèle : Reconnective Healing, soins énergétiques, reiki (je me suis initiée au 1er degré) pharmacopée… Au final, j’écoute ma petite voix intérieure, je reste positive et je continue d’avoir la foi… Eh qu’est-ce que ça fait du bien !

28162072_1093040754171085_3768940479266770375_o

  • Votre hygiène de vie a-t-elle changé ?

Avant j’avais une bonne hygiène de vie…comme quoi ! J’ai juste modifié mon régime alimentaire (moins de sucres, moins de viande rouge, plus du tout de lait de vache, plus de produits bio etc) et j’ai diminué le sport (avant c’était une obsession), je continue d’aller marcher régulièrement. Je me force à boire au moins 1 litre d’eau par jour…mais là-dessus je ne suis pas une très bonne élève. Je me repose quand ma fille est à la sieste. Et puis, j’évite tout ce qui est toxique, aussi bien pour mon corps et mon esprit. Je crois que c’est cela le plus compliqué. Mais quand on s’aime réellement, il faut savoir prendre soin de soi, c’est important si on veut rester « sein » et sauf.

  • Parlez-nous de votre engagement

Comme je l’ai écrit plus haut, rien n’arrive par hasard. Si je suis tombée malade, si jeune, en étant maman solo, ce n’est pas pour rien. C’est sans doute pour témoigner de mon expérience de vie. Eh puis mince ! Ça serait quand même dommage de garder mes astuces rien que pour moi ! Autant que mon aventure serve à d’autres ! Avant, j’étais assistante commerciale… mais ça c’était avant…. Pourquoi ne pas me réorienter vers une autre profession, en rapport avec le bien-être et/ou le développement personnel et spirituel ? Pourquoi ne pas travailler dans l’associatif et le caritatif ? Pourquoi pas allier « dédicace » et « caritatif » ? J’ai déjà commencé avec La Grayloise, une association qui organise une « marche-course contre le cancer du sein », en faveur de la Ligue Anti Cancer de Haute Saône (70).

La présidente, Maria Charton, m’a fait la joie et la surprise de me choisir comme marraine de la 6ème édition, porte-parole des femmes victimes du cancer du sein. Je dédicacerai donc mon livre et un euro sera reversé pour chaque exemplaire à La Grayloise (le dimanche 18/03/18).

Pour l’avenir, je ne sais pas encore si on fera appel à mon témoignage, mon expérience de vie… mais je fais confiance. Les opportunités se mettront sur mon chemin au bon moment, quand je serais prête. Pour l’instant je vis le moment présent… « tout sein-plement ».

  • La maladie a-t-elle renforcé votre relation avec vos proches ?

Vaste sujet que vous évoquez là ! Forcément la maladie renforce certains liens, et en coupe d’autres. J’aime à comparer ce sujet à un bus… étrange. Je suis conductrice d’un bus rempli de passagers (mes proches). Et là on apprend que sur la place passager, il y a an sac contenant une bombe à retardement (monsieur le crabe). Certaines personnes vont sauter du bus pendant le trajet, effrayées, peur d’être touchées. D’autres personnes assises près de moi, vont basculer sur les places arrières, juste pour éviter que la bombe leur explose aux visages, et pour assister aux étincelles (dégâts) que cela va provoquer. D’autres personnes assises derrière vont prendre la place de celles qui étaient devant, pour me guider, m’aider, me rassurer. Et enfin, d’autres vont attraper le bus en marche, prêts à désamorcer la bombe.

C’est ainsi, un tri naturel se met en place… Cela peut paraitre dramatique mais il n’en est rien. Ceux qui restent sont les bons. Et pour le vide laissé par d’autres, la place est disponible pour d’autres, bien meilleures. La nature est bien faite car cette expérience m’a permis d’être encore plus proche de mes parents, de ma sœur, de retrouver des ami(e)s de longues dates, et surtout de faire la connaissance de personnes fabuleuses… des belles âmes.

  • Et votre livre ?

Grâce à cette expérience, je me suis découvert un don pour l’écriture. Cela faisait des années que l’idée me trottait dans la tête, d’autant plus que j’ai une maman et des amis auteurs (ACAI). Etant en ALD, j’ai mis ce temps imparti pour réaliser mon premier rêve « écrire un livre ». Il est né quand j’ai appris que je récidivais. J’ai commencé par « broyer du noir » mais me suis vite ressaisie. J’ai donc pris un papier et j’ai écris mes astuces, mes secrets, mes preuves pour m’en sortir. Et là, je me suis dit « pourquoi pas en faire profiter les autres ? ». Après tout, si ces écrits me faisaient du bien à moi, pourquoi ne feraient-ils pas du bien à d’autres personnes ? « Tout simplement » a donc été conçu en seulement 3 semaines, puis est né 3 mois plus tard. J’en parle comme d’un bébé… mais quelque part c’est mon deuxième bébé !

Ce livre est un recueil de « nouvelles pour respirer la vie », classé dans le « développement personnel » « l’épanouissement ». En plus d’avoir fait l’objet de plusieurs interviews ainsi que d’un reportage télévisé, il a reçu un grand nombre de commentaires positifs. J’ai même reçu des emails, courriers qui m’ont expliqué que mon livre faisait du bien, qu’il invitait à se repositionner, vivre le moment présent, apprendre à lâcher-prise, tout simplement .

Il est difficile pour moi de le définir surtout quand on en est l’auteure. Je peux juste vous citer quelques critiques :

  • « ce livre est un art de vivre, d’une alchimie entre la magie et la vie » Isis Style
  • « un livre qui fait passer un bon moment  plein d’émotions » Des encres sur le papier.
  • « un livre qui fait réfléchir à la manière de vivre heureux et aux moyens que nous devons nous donner » Chroniques livresques.

Actuellement, j’écris mon futur roman qui sera autobiographique avec les mêmes ingrédients que j’utilise dans ma vie : humour, positivisme, joie etc. Je ne vais pas vous en dévoiler plus, je peux juste dire que l’héroïne sera une « Bridget Jones » en mode « Xéna la guerrière» (sans le pot de glace, les culottes ventre plats, et la tenue de combat). Vous voulez savoir s’il y aura un Hugh Grant ou un Hercule ? Suspens…

img_8386

  • Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui vient d’être diagnostiqué de la même pathologie que vous ?

Il ne faut pas paniquer ! Ce n’est pas parce que vous apprenez que vous avez un cancer que vous allez en mourir ! Le mot « cancer » vous fait peur ? stop, enlevez vous cette pensée de l’esprit… Le négatif emmène du négatif.

Il faut écoutez les médecins et faites leur confiance. Ils savent ce qu’ils font. Et ce qui est valable aujourd’hui ne l’est pas forcément demain. Ce qui est valable hier ne l’est pas forcément aujourd’hui. En clair, vous êtes unique. De plus, les recherches médicales progressent tous les jours.

Ayez également la foi, ayez confiance en vous. On a tous une force en nous.. Appuyez sur l’interrupteur et rallumez la lumière qui est en vous. À ce moment là, vous le ressentirez. Quand le corps, l’âme et l’esprit sont reconnectés, tout se met en place comme par miracle…

Pour finir, vivez vos rêves maintenant et souriez à la vie. Dans le mot « guérison » il y a la gaieté, le rire.

  • Quel message souhaitez-vous délivrer à la communauté de We are Patients ?

La vie est un combat de tous les jours… mais elle est tellement précieuse ! Alors quand on comprend que les clefs se trouvent à l’intérieur de notre cœur, de notre âme ; lorsque l’on écoute notre petite voix… on peut tout réussir !

Écoutez son témoignage vidéo…