Sophie : “Maintenant que j’ai une vie normale, je profite au maximum”

Sophie, préparatrice en pharmacie, a souffert de la maladie de lyme pendant de longs mois sans être diagnostiquée. Aujourd’hui, âgée de 23 ans, elle va mieux et profite de la vie.

  • Présentez-vous

Je m’appelle Sophie, j’ai 23 ans. Je viens de Brive-la-Gaillarde, et je suis actuellement apprentie préparatrice en pharmacie. Je suis une fille pleine de vie, j’ai toujours le sourire aux lèvres.

  • Comment avez-vous été diagnostiquée ?

Je présentais des multiples symptômes depuis plus d’un an, d’ordre neurologiques, digestifs, cutanées… Les médecins n’ont rien trouvé, et ont fini par me dire qu’il s’agissait d’anxiété, de dépression.
Mon quotidien devenait de plus en plus dur, je n’avais plus la capacité physique et moral de faire quoi que se soit, que ce soit au niveau scolaire ou professionnel. On m’a conseillé de passer du temps en maison de repos, ou alors de me faire reconnaître inapte pour ces motifs, et pour agoraphobie. Aucunes de ces propositions ne me réjouissaient, et j’ai choisi, probablement par signe du destin, la reconnaissance pour inaptitude.

J’ai été arrêtée un mois, pour me reposer. Ce mois a été un véritable calvaire, mon état a sévèrement chuté… Je suis revenue revoir mon médecin au bout d’un mois, accompagnée de ma mère. C’est lors de cette consultation, et après plusieurs recherches que la médecin a évoqué la maladie de lyme, forme neurologique. J’ai demandé une sérologie, qui est revenue positive avec des anticorps très élevés, et des multiples co-infections, laissant peu de place aux doutes : une neuroborreliose de stade 2 sur 3.

  • Qu’est-ce que vous avez ressenti ?

J’ai ressenti un soulagement mêlé à une grande peur. Soulagement de savoir que tous ces symptômes et cet état général n’était pas le fruit de mon imagination. Et peur de la maladie de manière générale, des différentes formes qu’elle peut adopter, et de la mine effarée du médecin qui m’a prise en charge en voyant mes bilans d’analyses générales.

  • Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Je me sens nettement mieux. J’ai repris une vie professionnelle et scolaire. J’ai eu la chance que beaucoup n’ont pas eu, c’est-à-dire être diagnostiquée, et avoir été très bien prise en charge.  J’ai eu des évolutions progressives en 10 mois. Actuellement, je suis sous traitements, et cela pour plusieurs années.

Je suis heureuse de laisser cette période derrière moi !

  • Qu’est-ce que la maladie a changé pour vous ?

C’est un renouveau. Je n’ai jamais pris la maladie comme un combat, mais plus comme une obligation de changer ma vie.

Cette période m’a permise de me recentrer sur moi-même et changer beaucoup de choses.

  • Quelle est votre passion ?

Je n’ai pas vraiment de passion. J’aime énormément la nature et les randonnées, même si cette maladie tient sa source de la nature (la maladie de Lyme est causée par une morsure de tique, ndlr). Cet été, j’ai pu à nouveau repartir à la montagne, c’est un paysage que j’aime particulièrement. Ce séjour a été pour moi le signe d’une grande amélioration.

  • Êtes-vous engagée ?

J’ai trouvé refuge auprès de l’association du droit de guérir. J’ai pu au cours de ces derniers mois y rencontrer des personnes formidables. Maintenant que j’ai repris une activité, je suis moins présente mais je suis toujours de très près leurs nombreuses actions.

  • La maladie a-t-elle renforcé votre relation avec vos proches ?

Nous avons toujours été très soudés dans ma famille.  Ils ont été très présents, et m’ont énormément apporté. Jamais je ne pourrai les remercier de tout ce qu’ils ont pu faire pour moi. Socialement, j’ai besoin de me reconstruire. Ces longs mois durant lesquels je ne pouvais plus sortir, ou vivre au quotidien de façon indépendante, ont été compliqués.

Maintenant que j’ai retrouvé une vie normale, je profite au maximum.

Mes amis très proches ont été d’un grand soutien également. Je remercie énormément ma psychiatre et le médecin qui m’a prise en charge. Ils ont fait un travail remarquable.

  • Quels conseils donneriez-vous à un patient ?

Garder la tête haute et se forger un caractère. La médecine avance et fait des belles choses. Ne pas avoir peur de s’entourer, et toujours y croire.