Vanessa : «Faire bouger les choses !»

« Elle est trop sucrée ! », ce sont les mots de la grande sœur de Vanessa. Des mots d’enfants, quand la famille découvre le diabète de type 1 de sa cadette. Elle avait alors 7 ans.
« J’étais chez le médecin pour un mal de gorge anodin, ma mère lui signale également que j’ai perdu du poids, que je bois et que je vais souvent aux toilettes. Il a tout de suite compris ».

Vanessa veut dédramatiser le diabète

La petite fille est immédiatement emmenée à l’hôpital. « J’étais très contente d’y aller, jusqu’au moment où une infirmière est venue me dire que c’était grave et que je pouvais en mourir ».

Vanessa reste un mois à l’hôpital, ses parents apprennent à lui faire les piqures d’insuline. Un souvenir douloureux pour sa mère, Myriam : « la première fois que vous piquez votre enfant ça vous fait mal au ventre. On était perdu, on se dit qu’on n’en a pas assez profité avant ».

Les mois passent et, à 8 ans, la jeune Vanessa se fait ses piqures toute seule, non sans une certaine fierté ! « En fait je ne sais pas si à l’époque je comprenais tout », nous explique-t-elle dans un sourire, du haut de ses 33 ans.

Je me souviens, vers la fin de mon adolescence, être allée dans un salon sur le diabète, pour voir. Et là, je me suis mise à pleurer. Je me suis dit que finalement c’était un peu plus compliqué que ce que je pensais.

Adolescente, Vanessa délaisse ses « carnets de suivi ». Amoureuse de chocolat, elle se provoque même des hypoglycémies pour pouvoir manger du Nutella !

Portrait de Vanessa Portrait de Vanessa

Quelques désillusions arrivent. « Vers 16 ans, j’avais un petit copain. Je me souviens qu’au début, sa famille ne voulait pas que je fasse de test de glycémie à table ! Chez moi ça n’avait jamais posé de problèmes. Mes parents ont super bien gérés ».

Un peu plus tard, une autre histoire d’amour, « il m’a quittée parce qu’il pensait que j’allais mourir et ne supportait cette idée ! Ça a été un choc, j’ai réalisé que j’allais devoir combattre les idées reçues ».

Ce combat-là, Vanessa a décidé d’en faire son métier. Après des études de lettres et d’audiovisuel, la jeune femme est aujourd’hui chargée de production.
Depuis quelques années, l’idée de faire un film sur le diabète lui trottait dans la tête.
Il y a deux ans elle s’est lancée !

Je voulais faire un truc positif, dédramatiser le diabète.

Enfant, Vanessa participe aux colonies de l’AJD. « Je voulais donner la parole aux enfants, je les ai donc recontactés pour leur parler de mon projet. Ils m’ont tout de suite soutenue. Je suis partie en repérage l’année dernière. J’ai échangé avec pas mal de parents, le fait que je sois diabétique m’a aidé. »

Vanessa a préparé un film sur le rapport de l'enfance au diabète

Le tournage a eu lieu à l’été 2015, Vanessa fait le montage avec une amie sur ses temps libres, les soirs et les weekends.

Mon film c’est plusieurs paroles d’enfants sur le diabète. J’essaie de faire comprendre le quotidien et la complexité du diabète. Ma caméra est à hauteur d’enfants, les adultes sont secondaires.

« C’est un peu comme une thérapie pour elle, nous glisse Myriam, sa maman. Je trouve ça formidable ! »
Avec son film, au titre significatif, « Pour quelques barres de chocolat », Vanessa veut faire bouger les choses. « Ce qui est compliqué avec le diabète, c’est l’attention constante. Il faut anticiper, contrôler, tout le temps. C’est un petit combat quotidien. Ce n’est pas simple mais il ne faut pas avoir peur. »