Vanille : “Chacun doit pouvoir raconter son histoire, on se sent moins seul grâce à cela”

Vanille a 27 ans et vit en Corrèze entourée de ses amis et de sa famille. Il y a 2 mois, cette jeune femme pleine de vie a découvert qu’elle était atteinte d’un cancer du sein gauche. Son objectif : continuer à prendre la vie du bon côté ! Rencontre.

  • Présentez-vous.

Je m’appelle Vanille, je suis une jeune fille de 27 ans pleine de vie. J’habite à Brive la Gaillarde, dans un appartement avec mon copain et mes deux chats. Depuis deux ans, je me suis lancée dans la prothésie angulaire, et aujourd’hui j’ai deux boutiques.

  • Comment avez-vous été diagnostiquée ?

Tout d’abord, il y a deux ans j’ai pu prétendre aux tests génétiques (suite au cancer de ma maman). Il s’avère que j’ai appris que j’étais porteuse du gène BRCA1. Jusque là, je n’ai pas changé quoi que ce soit à ma vie, juste un suivi plus régulier chez ma gynécologue. Et puis, il y a 2 mois, lors d’un rendez-vous gynéco classique, une grosseur est apparue. Ma gynéco ne semblait pas inquiète au début, mais elle a préféré que je passe différents examens afin de se rassurer mutuellement. Echographies, mammographies, biopsies… 3 jours plus tard le résultat tombe : c’est un cancer au sein gauche, triple négatif.

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  • Qu’est-ce-que vous avez ressenti ?

Ça n’est pas une partie de plaisir, on ne va pas se mentir. J’étais sur une table de consultation, mon copain assis sur une chaise à coté de moi et le médecin en face. Je me souviens d’une pièce exiguë, mon coeur en train de se serrer fort fort fort, une vague de chaleur s’est emparée de moi et j’ai eu un grand besoin d’air. J’ai pleuré, puis j’ai trouvé ça injuste, je me suis dis que les éléments étaient contre moi (ma maman est malade en même temps que moi, un cancer également). Et puis, je l’ai accepté.

  • Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Je l’ai accepté, donc je me sens plutôt bien. Le parcours n’est pas facile, et il y a des hauts et des bas. Mais dans l’ensemble, je suis pleine de vie, et je sais que ce n’est qu’une petite partie de ma vie. Je continue à rire, à sortir, à voir mes amis.

J’ai énormément de soutient via mon blog et les réseaux sociaux. On ne peut être que plus fort.

  • Qu’est ce que la maladie a changé pour vous ?

La maladie m’a permis d’accéder à une meilleure version de moi même. Ça parait fou, mais on se découvre autrement. Je ne suis pas alarmiste face à la maladie, au contraire je veux juste lui mettre un bon coup de pied aux fesses.

La vie est belle, et je la trouve encore plus belle depuis que je suis malade.

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  • Parlez-nous de votre blog ?

Mon blog, c’est un exutoire pour moi. Au départ, il faut planter le tableau, j’y raconte mes anecdotes, mon quotidien depuis l’annonce. C’est un journal intime ouvert a tous. Par la suite, j’aimerais vraiment pouvoir y présenter mes astuces, mes bons plans, des tutoriels… Et qui sait, pouvoir aider à ma petite échelle. Je souhaite rencontrer d’autres malades, communiquer, et pourquoi pas pouvoir se rencontrer et échanger.

  • Êtes-vous engagée ?

Je pense l’être depuis longtemps, mais sans jamais avoir mis quelque chose en oeuvre. Aujourd’hui c’est différent. Je me mets à nue sur mon blog. J’interagis avec des soeurs de “Kombat”. J’ai récemment participé à un projet artistique. Claire Freyssac est une artiste, elle crée des vêtements à base de fleurs naturelles. Son travail est incroyable. Elle m’a proposé de lui servir de modèle. Son oeuvre : un body. Elle a mis en avant mon sein malade en le différenciant. Je me suis beaucoup plu à faire ce projet. Je souhaiterai développer plus de choses après mon traitement. Pour l’instant, je fais petit à petit, à mon échelle.

  • La maladie a-t-elle renforcé votre relation avec vos proches ?

J’ai la chance d’être très proche de ma famille et mes amis, mais en effet ça renforce les liens. Ils sont tous très attentionnés avec moi, j’ai vraiment beaucoup de chance. Je pense que l’entourage joue un rôle important dans la guérison. Je peux leur décerner une médaille d’or.

  • Quels conseils donneriez-vous à un patient ?

Il y a bien quelque chose qui me trotte dans la tête, je suis très Walt Disney. Il y a une phrase du film Mulan que j’aime beaucoup : « Qu’importe que le vent hurle. La montagne jamais ne ploie devant lui ». Il ne faut pas se sentir seul, on a beaucoup de moyens de communication aujourd’hui, servons-nous en ! Chacun doit pouvoir raconter son histoire, on se sent moins seul grâce à cela.

  • Quel message souhaitez-vous délivrer à la communauté We Are Patient ?

Je crois que c’est important de toujours voir la lumière au bout du tunnel. De voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

La maladie n’est pas la fin de notre vie, mais pour moi c’est surement le début.

Gardez espoir. TOUJOURS.

Le blog de Vanille : https://vanillefoussard.wixsite.com/kfighteuse

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