La chronique d’Athénaïs – J’ai un cancer mais c’est pas grave ! (Part 1)

Après “ici c’est Paris”- référence à mon article de la semaine dernière – aujourd’hui : ici c’est mercredi ! Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau moment de partage. Vous allez découvrir l’annonce du cancer de ma mère, quelques semaines avant que nous apprenions mon hépatite fulminante, ainsi que certaines anecdotes liées à sa maladie. Vous commencez à me connaitre grâce à nos petits rendez-vous hebdomadaires, tout va bien se passer n’ayez crainte. Allez on se jette à l’eau …

Nous sommes un peu avant le joli mois de mai, l’air est doux, le printemps nous offre ses fleurs et ses parfums, bref on est pas loin de l’ambiance “Bambi” pendant la période des amours…

La salle de bain, dépendante de la chambre des parents, est à l’étage de notre maison de Bures. Le sol est recouvert d’une moquette bleue – beaucoup trop douillette – j’entends encore ma meilleure amie Charlotte : “t’as de la moquette dans ta salle de bain ?!”. Je barbote dans l’eau bouillante de mon bain lorsque j’entends toquer à la porte. La poignée se tourne et ma mère entre dans la pièce. Maman s’assied sur le rebord de la baignoire et me regarde tendrement…

 tu sais ma chérie, je viens d’apprendre que j’ai un cancer mais c’est pas grave 

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Ouiiii bien sur ! – La nouvelle tombe dans l’eau du bain et moi j’ai envie de couler avec. J’ai douze ans mais le mot cancer me parle suffisamment pour que j’en comprenne la probable gravité. Les larmes montent dans ma gorge. Vous connaissez cette fameuse “boule” qui vous empêche autant de déglutir que de respirer ? Plus rien ne passe. Maman n’est pas une “maman” pour rien, elle s’empresse de me rassurer. Moi, pourtant pas si naïve que ça – en fait si mais pour ne pas vexer la petite fille que j’étais, ce sera notre petit secret – je marche dans la combine. Je réussis à me détendre et décide de lui faire confiance.

C’est sûr que lorsque votre propre mère vous regarde dans le fond des yeux – se persuadant elle-même que tout va bien – avec ce besoin maternel inébranlable de protéger son enfant, lorsque la chair de votre chair vous exprime avec un ton rassurant que :

oui ce mot fait peur mais pour moi ça va aller puisque c’est un petit cancer et puis je suis ta mère !

Tu fais quoi toi ? Eh bien tu réponds à ce regard et à ces mots avec douceur. Tu décides d’y croire fort et tu fais confiance. Rien ne peut lui arriver de grave de toute façon.

Puis les jours passent, heureusement maman est dans les préparatifs du mariage de ma soeur Marie. Une mère qui marie l’une de ses filles – nous sommes quatre soeurs – essayez de la faire tomber, impossible !

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Le cancer est presque imperceptible, enfin, pour nous. Puis, juste après les “épousailles” de ma soeur, voilà que j’arrive avec mes gros sabots et… mon hépatite fulminante ! Ah l’humour familial à toujours été un peu notre spécialité ! 

Beaucoup trop occupée à me faire transplanter, j’avoue n’avoir que peu souffert du cancer de maman. Ma mère, elle, est bien trop préoccupée à mener à bien sa mission.

sa plus grande motivation ; préserver sa progéniture 

Maman va puiser une grande partie de son énergie dans le fait de voir sa petite dernière malade. Grâce à son courage et à cette volonté toute particulière, ma mère va mener ses combats avec brio. Enfin rien n’est si simple… 

Je me souviens lorsqu’elle se déshabillait, dans la même salle de bain où j’apprenais la violente nouvelle…

maman c’est quoi ces marques là dans le dos ? 

Ces marques étaient la conséquence d’intensives séances de rayons – radiothérapie – qui avaient littéralement brulées la moitié de son dos. Ma mère a toujours été très mince, mais le souvenir de cette image ; celle d’une femme si frêle et pourtant si forte avec ce petit corps noirci, reste douloureuse.

Comme pour toute aventure de vie, la maladie suppose de traverser de lourdes épreuves certes mais surtout d’expérimenter des moments d’une intensité rare. Vous êtes alors véritablement conscients d’exister. Qui de nous en est le plus riche ? Nous le saurons peut-être un jour, mais je crois avoir ma petite idée sur la question…

Je suis gourmande, je l’ai toujours été et encore plus lorsqu’il s’agit d’écriture. Je vous propose donc de prolonger notre rencard la semaine prochaine, avec la suite des aventures de ma courageuse maman ! Celle sans qui je ne serai probablement pas en train d’écrire ces lignes. Comme quoi la vie est pleine de surprise, non ? Belle semaine à tous, je vous souhaite du soleil dans le ciel et dans le coeur.

À mercredi prochain !

Part 1/2

Olivers’ment vôtre 

Athénaïs